Ce qui demeure

Nous le savons. Traverser un continent, se déraciner, partir loin des siens et recommencer à zéro, ce n’est pas rien. Le climat, les autres, les codes, les portes à digicodes, les ascenseurs, le café qu’on n’aime pas encore, rien n’est pareil. Et pourtant, ce qui demeure, ce qui résiste à tout, c’est l’humanité.

Chacun d’entre nous, sans s’en rendre compte, est porteur d’espoir pour l’autre. Sans même le vouloir. Il y a dans les gestes du quotidien une patience, une bienveillance que l’on se doit de donner, mais que l’on oublie souvent. Ces petites choses, pourtant, permettent à ceux qui en ont besoin de s’enraciner dans leur nouvelle réalité.

Il y a les autres, ceux que l’on croise chaque jour sans vraiment les voir, par le privilège confortable de l’entre-soi. Mais ces autres-là nous complètent sans le savoir. Il n’en faut pas beaucoup : un mot de gentillesse, un sourire, un geste simple. Ce sont des âmes qui sauvent des âmes.

Madame Batouli : la résilience incarnée

Madame Batouli en est l’exemple même. Pour la définir, un seul mot s’impose : résilience. Elle nous livre un fragment de son intimité, de l’excision à la migration, de la perte d’un enfant aux zones d’ombre qui ont traversé son esprit. Son parcours, bien que sinueux, est la révélation d’une force insoupçonnée. Elle s’est raccrochée aux petites choses du quotidien pour continuer à avancer : un café, une conversation, un sourire. Des gestes qui ne valent pas grand-chose en apparence, mais qui ont été pour elle de véritables bouées de sauvetage.

Ces petites choses peuvent être, pour celui qui en ressent le besoin, une lumière au bout d’un tunnel qui semble interminable.

Et comme le lui disait sa maman :

« Le cœur que tu as en Afrique est le même que tu as en France. »

Quel cœur, en effet.

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