L’impulsion d’une inclusion au quotidien : par le sport mais pas que …

Ces jeux ont permis de valoriser l’inclusion et d’accroître la visibilité des personnes en situation de handicap en France. D’après l’Arcom (Autorité de Régulation de la Communication audiovisuelle et numérique) ces personnes subissent une forte invisibilité à la télévision française ; en 2022, leur représentation n’atteint pas les 1 %. Ces jeux ont permis aux spectateurs de s’intéresser de plus près aux différents handicaps. De ce fait, cela a permis d’individualiser les athlètes et leurs handicaps pour une plus grande compréhension de ceux-ci. Dès lors qu’on comprend mieux, on inclut davantage ; l’inclusion par le sport a donc fonctionné ici.

Cet été, l’inclusion et la visibilité des personnes en situation de handicap sont passées par le sport, mais elles peuvent aussi passer par l’éducation. Chez SFM, l’inclusion passe par l’éducation et l’apprentissage. En effet, nous travaillons en étroite collaboration avec une enseignante spécialisée qui fait partie du réseau d’aide spécialisé pour les élèves en difficultés (RASED). Ce travail permet de cibler les besoins nécessaires pour un accompagnement adéquat des enfants en difficultés ou en situation de handicap. L’orientation se fait entre autres grâce à la MDPH (Maison Départementale des Personnes en situation de Handicap). La visibilité qu’a permis les paralympiques pour l’inclusion des personnes en situation de handicap ou en difficultés est un beau message d’espoir. Il a été porté pendant deux semaines, mais se fait tout au long de l’année.

Que cet engouement persiste tout au long de l’année !

Une exposition qui met en valeur les enfants de SFM !

Notre projet de livre écrit par les enfants de SFM Clichy en collaboration avec l’écrivaine Véronique Le Normand s’est conclu par l’exposition des photos des enfants présents dans ce livre.

L’occasion pour les familles de découvrir la création de leurs enfants, et pour les enfants de se faire dédicacer leur livre par Véronique Le Normand. Un moment de partage et de convivialité qui a permis de célébrer la créativité et l’imagination des enfants.

Cette belle collaboration avec Véronique Le Normand a été une source d’enrichissement pour tous, et nous sommes impatients de poursuivre cette aventure ensemble l’année prochaine.

Crédits photos : Tiffany Duprés

Interview avec Emma, enseignante spécialisée

Bonjour Emma, pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Emma Fodil et je suis enseignante spécialisée à dominante pédagogique. J’interviens pour le Réseau d’Aides Spécialisées pour les Elèves en Difficulté, je travaille sur le secteur REP (Réseau d’Education Prioritaire) de Clichy qui comprend 3 écoles élémentaires et 3 écoles maternelles.

Est-ce que vous êtes amenée à collaborer directement avec SFM Clichy ?

Oui, j’ai connu SFM Clichy en rentrant dans le secteur REP de Clichy. Par la suite, on a collaboré via des réunions pour échanger sur les différents élèves. Petit à petit, les choses se sont faites communément. Aujourd’hui, j’oriente les familles vers l’association, maintenant que je connais son utilité. Il m’arrive aussi de solliciter SFM pour qu’ils viennent assister à des entrevues avec les parents.

Dans votre activité d’enseignante spécialisée, est ce qu’il y a un profil d’élèves que vous accueillez particulièrement ?

Non, c’est très varié, il va y avoir des élèves allophones, qui vont avoir des difficultés avec la langue ; des enfants avec des difficultés sociales, familiales ou encore des élèves avec un manque de confiance…

En ce qui concerne le suivi, quelle est la durée moyenne ?

Le suivi se fait normalement sur 10 à 12 séances mais en réalité il arrive que ce suivi soit sur 1 an voire plus.

Sur quels temps ces séances vont être réalisées ?

Ces séances vont avoir lieu de 1 à 3 fois par semaine, pendant les temps de classe, ce sont des séances d’environ 1h. On accompagne des élèves de la grande section au CM2. Je vais soit co- intervenir avec l’enseignante dans la classe, je prends un petit groupe d’élèves et je les aide à donner un sens à l’activité en cours ; soit je monte des projets et prends un groupe d’élèves de classes différentes et je travaille dans une salle annexe. Il peut également arriver que je diversifie mon approche : je vais faire une fois avec les enfants hors de la classe et une fois une intervention dans la classe, donc les modalités peuvent être vraiment différentes. Il arrive également que je travaille uniquement en observation, et échanger ensuite avec l’enseignant pour croiser les regards sur les difficultés.

Comment les élèves vont être orientés vers vous ?

En début d’année, les enseignants vont pouvoir observer leur classe et constater les élèves qui ont des difficultés. Après quelque temps, une réunion avec le RASED est organisée lors de laquelle l’enseignant va nous présenter ces élèves et leurs difficultés. À la suite de cette réunion, on va déterminer au sein du RASED qui est la personne la plus adaptée pour cet élève, que ce soit une enseignante spécialisée sur la pédagogie, spécialisée sur le relationnel, ou bien la psychologue scolaire, ou aucune des trois. Dans ce cas-là on propose des pistes adaptées. Par exemple, cela peut parfois être de conseiller que l’enfant soit suivi chez SFM, qu’il voit un orthophoniste… Le but étant que les enfants soient accompagnés le plus efficacement possible.

Est ce que vous remarquez un changement chez les enfants qui sont suivis chez SFM ?

Etant donné que nous avons une bonne connaissance de l’accompagnement qui est réalisé chez SFM, nous pouvons orienter de façon pertinente les élèves. On communique beaucoup avec les référents du secteur pour voir ce qui fonctionne le mieux, observer l’évolution tout au long du parcours de l’élève et intervenir au mieux sur les difficultés identifiées. Il y a également un point important : le lien avec la famille. SFM se positionne comme un acteur différent de l’école et va souvent être plus écouté, en proposant des solutions pour faciliter la communication grâce à un contact privilégié.

Est ce que vous avez une intervention qui vous a particulièrement marqué ?

Chaque famille est unique, même si on rencontre souvent les mêmes difficultés, chaque solution est unique. On va être conforté dans notre métier lorsqu’on va voir l’évolution de l’enfant, grâce à un vrai impact collectif. Ces évolutions sont vraiment le fruit d’un travail d’équipe, on va collaborer entre les différents acteurs pour amener l’enfant à surmonter ces difficultés et c’est ce qui fait que cela fonctionne.

Interview avec Martin, élève en cours de français

Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots. 

Je m’appelle Martin, je suis des cours de français à SFM depuis octobre 2023.

Quel a été votre parcours avant d’arriver à SFM ?

Je suis né en Argentine, où j’ai suivi des études de droit pour devenir avocat. Je suis ensuite passé par le Mexique avant d’arriver en France en juin 2023. 

Avant d’arriver à SFM j’ai pris des cours sur internet. Étant arrivé en pleine vacances d’été, il n’y avait pas d’autres possibilités pour apprendre le français.

Comment avez-vous découvert notre association ?

 En arrivant en France, j’étais un peu désespéré, j’ai cherché et contacté au moins 15 associations et institutions à Paris, sans aucune réponse de leur part. Heureusement, SFM m’a répondu : j’ai pu venir faire un entretien avec la directrice et rejoindre les cours de français proposés par l’association.

En quoi les cours de français que vous suivez ont-ils influencé votre vie quotidienne?

 Les cours dispensés par SFM ont considérablement amélioré ma qualité de vie, et je pèse mes mots. Imaginez-vous débarquer dans un pays où vous ne maîtrisez pas un seul mot de la langue locale ; les tâches les plus basiques deviennent un véritable défi : faire ses courses au supermarché, prendre le métro… Avec l’aide précieuse de SFM, j’ai peu à peu surmonté ces difficultés. Non seulement je communique plus aisément avec les autres, mais je gagne également en confiance en moi.

Quels conseils donneriez-vous à d’autres personnes qui souhaitent apprendre le français?

Je tiens à adresser un message à tous ceux qui tentent d’apprendre le français : l’apprentissage d’une nouvelle langue peut sembler insurmontable au début, mais il est essentiel de persévérer pour découvrir réellement nos capacités. Il est crucial de comprendre que l’apprentissage est un processus exigeant qui demande des efforts, mais qui offre en retour la satisfaction de progresser un peu plus chaque jour.

Et pour ceux qui ont déjà commencé, il est important de respecter les efforts des personnes qui nous aident et, à mon avis, la meilleure façon de le faire est de suivre les cours correctement. Pour finir je voudrais remercier SFM, je les adore. 

Interview avec Rachelyne, psychologue bénévole

Bonjour Rachelyne, pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Rachelyne, je suis bénévole à l’association depuis 2 ans.

Quel est votre rôle dans l’association ?

Je suis bénévole en tant que psychologue, j’anime un groupe sur le thème du conte pour travailler sur le récit, les histoires. On accompagne beaucoup les enfants, dans les interactions et pour qu’ils puissent extérioriser.

Je fais également un accompagnement psychologique avec une personne chaque semaine.

Enfin, je suis également au Lieu d’Accueil Enfants Parents, le samedi, à la halte-garderie où l’on accueille des parents et leurs enfants pour répondre à leurs questions et discuter de sujets divers et variés.

Maintenant, parlons un peu de votre parcours professionnel. Pouvez-vous nous dire comment vous en êtes venue à devenir bénévole pour cette association ? Quels ont été les éléments déclencheurs de votre engagement ?

J’étais psychologue scolaire dans les écoles de Clichy et avant cela, j’étais professeur des écoles, j’ai donc passé ma vie dans les écoles !

Une fois à la retraite, j’ai suivi beaucoup de cours à la fac. A un moment, j’ai eu envie de revenir à ce que je connaissais à savoir la transmission, sans avoir de rapport d’argent, car c’est vraiment ce que j’aime faire dans la vie, avoir un échange permanent, vivant.

J’ai pensé à SFM car j’ai travaillé avec une des directrices quand j’étais psychologue scolaire.

Qu’est-ce que vos séances apportent aux enfants ?

Chaque séance a un impact, il se passe quelque chose à chaque fois et cela permet de construire ensemble, c’est très vivant encore une fois. Avec la bénévole qui co-anime l’atelier, nous sommes très complémentaires, elle est plus cadrée, tandis que je suis plus libre. Cela permet aux enfants d’avoir deux approches et de répondre à leurs besoins.

Quelles sont selon vous les qualités essentielles pour tenir ce rôle ?

Écouter, regarder, c’est ce qui est le plus important. Il faut écouter et rendre quelque chose, il faut que ce soit vivant, sans pour autant diriger le propos, il ne faut pas être directif.

Je soutiens et j’accompagne les enfants, le but c’est qu’ils apprennent d’eux même, mais c’est difficile, l’école ne prépare pas forcément à ça. Pendant l’atelier, cela permet de leur faire apprendre plein de nouvelles choses, avec un groupe beaucoup plus petit qu’en cours. L’écoute est un vaste sujet !

Merci beaucoup Rachelyne pour ce partage de votre expérience en tant que psychologue bénévole. 

Interview avec Claire, bénévole Ecrivain Public de SFM Clichy

Bonjour Claire, Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Claire, je suis bénévole à SFM sur le secteur Accès aux Droits depuis septembre 2019, suite à ma retraite en juillet 2019. 

Maintenant, parlons un peu de votre parcours professionnel. Pouvez-vous nous dire comment vous en êtes venue à devenir écrivain public bénévole pour cette association ? Quels ont été les éléments déclencheurs de votre engagement ?

J’étais auparavant dans une association qui s’appelle Fondation Falret où j’étais responsable projet. C’est une association spécialisée dans l’accompagnement des personnes handicapées psychiques, atteinte de maladie mentale, pour lesquels notre objectif était de leur trouver des projets de réinsertion socio-professionnelle. Je m’occupais donc de monter ces projets avec les instances publiques. Suite à ma retraite, j’avais envie de faire du bénévolat, je connaissais la présidente Mireille, qui m’a parlé de l’association. Ce qui m’a attiré dans le rôle d’écrivain public, c’est le côté très concret, très pratique, on vient en aide directement aux personnes. 

En tant qu’écrivain public, vous avez certainement eu l’occasion d’aider de nombreuses personnes dans des situations variées. Pouvez-vous partager une expérience marquante où votre soutien a eu un impact significatif sur la vie d’une personne ?

Ce sont surtout les gens qui vous renvoient ce sentiment. Je me souviens d’une personne dans une situation très compliquée, avec laquelle on a eu un premier contact au cours duquel j’ai essayé de comprendre ses problématiques, ce qui a permis de créer une relation de confiance. J’ai pu l’accompagner à résoudre sa situation, ce pour quoi elle m’a remercié chaleureusement. Souvent on reçoit des gens qui n’ont pas forcément trouvé une aide adaptée autre part, qui ont des difficultés pour des démarches sociales et qui sont devenus très souvent numériques.

Ecrivain public est un rôle exigeant qui nécessite diverses compétences. Quelles compétences spécifiques trouvez-vous essentielles pour réussir dans ce rôle ? Y a-t-il des défis particuliers auxquels vous avez dû faire face en tant que bénévole écrivain public ?

J’avais d’emblée une compétence, j’ai fait une formation juridique, ce qui m’a permis d’être tout de suite plus à l’aise pour la lecture de texte, regarder de plus près certaines démarches…ect. On a des questions qui sont de plus en plus pointues, ce qui nous pousse à toujours apprendre de nouvelles choses, notamment sur le droit des étrangers. J’ai donc participé à des formations organisées par l’association. Cela fait partie des choses qui m’intéresse et je pense qu’il est important d’avoir une notion d’ensemble sur justement toutes les lois et les droits qui encadrent le droit des étrangers, ce sont des notions très complexes qui changent souvent. En termes de compétences, les compétences juridiques aident, et il faut aussi de l’expérience pratique au niveau de l’administration avec l’habitude de faire des dossiers car chaque plateforme fonctionne différemment. 

Pour ceux qui pourraient être intéressés à suivre votre voie en tant qu’écrivain public, quelles recommandations ou conseils donneriez-vous pour bien commencer dans ce domaine ?

Il faut venir voir ! C’est la meilleure façon de se rendre compte de ce rôle. Ce qui est bien dans l’association lorsqu’on souhaite être bénévole en écrivain public, c’est qu’on assiste d’abord à quelques séances d’observation, c’est très bien pour intégrer le rôle et appréhender au fur et à mesure les situations complexes. Il ne faut pas hésiter à se lancer et ne pas rester sur l’étiquette “écrivain public”: c’est aujourd’hui un rôle vraiment administratif sur des dossiers notamment en ligne. 

Merci beaucoup, Claire, pour ce partage de votre expérience en tant qu’écrivain public bénévole.

Interview avec Marie, référente de la halte-garderie

Bonjour Marie et merci de nous accorder cette interview, pour commencer, peux-tu nous parler du fonctionnement de la halte-garderie ?

La Halte-garderie est ouverte en demi-journée le matin de 8h30 à 11h30 et l’après-midi de 13h30 à 16h30 et la particularité, c’est qu’on accueille des enfants en âge mélangés dans une seule pièce de l’âge de neuf mois jusqu’à l’entrée à l’école maternelle.

Qu’est-ce que ça apporte aux enfants de venir à la halte-garderie ?

Alors pour les enfants, c’est très bénéfique parce que d’abord, ils viennent sur un temps court donc c’est moins fatigant que dans une crèche, ils viennent d’abord pour jouer donc tous les jeux sont mis à disposition et ils apprennent à rentrer en interaction avec les autres. On leur apprend à prendre en compte l’autre, le jouet de l’autre, etc. Donc on travaille beaucoup sur la socialisation des enfants.

Et en ce qui concerne les parents, qu’est ce que leur apporte la halte-garderie ?

Pour certains parents qui ont inscrit leurs enfants à la halte-garderie, ça leur permet de prendre des cours de français, d’entamer des formations, de faire des démarches administratives ou alors de prendre du temps. Pour certaines mamans, du temps pour elle, quelques demi-journées par semaine pour faire des courses, ce qu’elles ont envie de faire.

Pour finir, peux-tu nous parler de l’équipe de la halte ? 

L’équipe de la halte est composée de trois éducatrices, deux assistantes éducatrices et trois psychologues.